Il ne suffit pas d'avoir des ruches dans
son jardin pour récolter du miel :
deux conditions sont indispensables pour bien y réussir : c'est que les
alentours soient pourvus de plantes ou d'arbres mellifères; que l'on
dirige
et surveille le travail des abeilles, en un mot être apiculteur.
Il est évident que sans la première des conditions,
il serait vain d'établir
un rucher et de croire qu'en semant quelques plates-bandes de fleurs
mellifères on s'assurerait une récolte de miel si minime fut-elle.Il
ne faut
en effet pas perdre de vue qu'une colonie doit trouver une grande quantité
de nectar, non seulement pour assurer sa propre nourriture et l'élevage
d'une population nouvelle, mais pour permettre à l'apiculteur de prélever
sa part de récolte et de bénéfice.
On peut envisager l'implantation d'un rucher de rapport
lorsqu'il sera offert
dans un rayon de deuxmètres d'abondantes sources de
nectar, tellesprairies
naturelles ou artificielles, sainfoin, trèfle innat, vesce, vergers,
arbres à fleurs
mellifères (tilleuls et châtaigniers) puis d'une floraison plus
dive, sarazin,
bruyère etc...
D'autres plantes encore sont précieuses lorsque
floraison s'échelonne au cours de la saison apicole celles qui poussent
librement dans les prairies, au
des chemins, dans les terrains en friches. Il ne faut cependant pas compter
sur
elles pour fournir récolte.
Quant à l'emplacement même du rucher
. choisir autant que possible un
endroit un peu écarté de l'habitation en évitant la proximité
des voies de
communication. La distance à observer vis-à-vis des voisins est
fixée dans
chaque département par un arrêté préfectoral.
Le rucher doit être orienté vers le
Sud ou Sud abrité au moyen d'une haie vive
des vents glacé Nord ou pluvieux de l'Ouest et isolé des prés
ou paissent les bêtes.
La proximité d'une mare, d'une source ou d'une
fontaine est indispensable à la
vie du rucher, elle épargnera de longues courses aux abeilles pour qui
est
nécessaire. Cependant on pourra remédier éventuellement
à un manque d'eau
avec un abreuvoir l'on placera à proximité des ruches en le signalant
avec un
peu de miel.
L'importance de l'exposition sera relative pendant
la grande récolte, car
l'abeille très affairée ne s'en préoccupera guère,
et montrera tout autant
d' activité le nord ou l'ouest.
Il faudra néanmoins éviter l'orientation
au midi : à notre avis la plus
mauvaise. En été, la trop forte leur obligerait les abeilles à
sortir de
la ruche chercher de 1'ombre et de 1a fraicheur sur le plateau ; elles
feraient la " barbe ", ce que l'on pourrait aussi appeler la sieste en
bloc : elles ne travailleraient pendant ce temps et naturellement, la
récolte en souffrirait.
Par contre en hiver, les rayons du soleil inciteraient
sournoisement les abeilles
à sortir alors que la température est très peu élevée
à 1'ombre, elles seraient
saisies par le froid et périraient en grand nombre.
La disposition des ruches demande elle aussi quelque
soin : elle doit être
comprise de telle sorte qu'en visitant l'une d'elles on ne gêne pas le
va-et-vient
des autres colonies. Pour remplir cette condition, il est une disposition qui
offre de grands avantages c'est de tailler des gradins lorsque l'on possède
un
terrain en pente avec derrière chaque rangée de ruches un sentier
battu
qui permet d'y accéder facilement.
A défaut de ce dispositif on peut placer les
ruches en une rangée continue,
toutes les entrées tournées du même côté. Lorsque
l'espace manque et que
l'on doit établir plusieurs rangées, il est judicieux de maintenir
entre elles
un écartement de plusieurs mètre mêmes. De même l'intervalle
qui sépare
chaque ruche voisine doit être d'au moins deux mètres.
Enfin, pour éviter que l'humidité du
sol n'imprègne plateaux, on surélève les
ruches, soit sur ses pieds fixés au corps de la ruche elle-même
soit sur des
piquets enfoncés en terre au préalable ou encore des supports
mobiles.