L'élevage des abeilles est semblable à
tout autre, et la nature n'est prodigue
qu'envers celui qui la seconde de son effort intelligent. Il faut donc apprendre
d'abord à manipuler les abeilles ce qui demande sinon une grande pratique,
du moins une application raisonnée.
Le premier précepte est peut être de
n'avoir pas peur de ses abeilles et de
réduire de ce fait au minimum les risques de piqûres. L'expérience
nous
conseille d'abord de se protéger la tête d'un voile et ensuite
de s'armer
d'un enfumoir.
Cet appareil muni d'un soufflet et dans lequel
on fait brûler de la
toile de sac
des vieux chiffons de coton (et non de laine, l'odeur de la
laine grillée irritant
les abeilles) de papier pâte de bois mort bien sec d'aiguilles
de pin etc... est
l'auxiliaire indispensable de l'apiculteur, car c'est grâce
à la fumée
qu'il apaisera la colère des abeilles et calmera leur
tempérament agressif.
On prend soin seulement que l'enfumoir ne s'éteigne
jamais au cours d'une
opération. Pour celui qui sait le manipuler, c'est
la certitude rassurante de
pouvoir guider à sa volonté le travail de ses abeilles
La douceur est un des principes essentiels
lorsque 1'on est au rucher, que ce
soit pour ouvrir une ruche seulement avec l'unique intention
de rester auprès
d'elle pour l'observer.
Pas de cris, pas de gestes désordonnés
ou brusques pas de fuites éperdues,
mais une extrême circonspection dans chaque mouvement. Avant
d'ouvrir
la ruche il est une précaution utile, c'est d'envoyer
un peu de fumée à l'entrée
de celle-ci comme pour en prévenir la population. On
entend alors un
bourdonnement particulier sorte de cri d'alarme que pousse incontinent les
abeilles à se jeter sur les provisions et à se gorger de miel
ce qui les rend dès
lors presque inoffensives.
Quand la colonie se trouve " en bruissement
» on enlève le plateau qui
recouvre le dessus des cadres toujours en enfumant.
Généralement la colonie est
plus portée d'un côté de ruche que de
l'autre.
Le travail commencera donc côté le plus dégagé.
Enlever le cadre le plus proche de la paroi
avec abeilles puis le poser à terre
contre la ruche. L'emplacement libre ainsi créé facilitera la
visite des autres cadres.
Cette pratique est destinée à
ne pas froisser abeilles, qui, si on ne prenait
cette précaution se trouveraient pressées et refoulées
entre les montants
supérieurs des cadres voisins et le gâteau qu'on enlève.
De toutes façons,
il faut éviter les chocs brusques donnés à
la ruche et ne pas prolonger
l'opération plus d'un quart d'heure, car l'odeur du
miel qui se dégage attire
les abeilles étrangères et au milieu du pillage
qui s'en suit l'enfumoir est bientôt sans effet.
L'essentiel pour manipuler les abeilles, c'est donc d'être muni d'un bon enfumoir et d'un voile, d'agir avec douceur et de s'armer d'un peu de stoïcisme pour le cas où l'on viendrait à être piqué. La piqûre d'abeille provoque une douleur souvent vive, mais toujours passagère contre l'appréhension de laquelle on s'éduque très vite. Les abeilles d'ailleurs, sans reconnaître leur maître connaissent fort bien la manière dont on les manipule et elles attaquent rarement celui qui le fait avec précaution, surtout s'il a pris soin d'opérer une belle journée ensoleillée. Le temps chaud incite plutôt à se précipiter vers les fleurs pleine nectar qu'à s'occuper de l'apiculteur qui dérange peu leur activité inlassable et bruissante.